Vous vous êtes déplacé, vous avez pris les mesures, passé une soirée à chiffrer. Le devis est parti, et depuis, plus rien. Beaucoup d’artisans ne relancent pas : par fierté, par peur de déranger, ou parce qu’un client intéressé « aurait rappelé ».
Un devis sans réponse n’est pourtant pas un refus. Le client a pu oublier, être débordé, attendre l’accord de son conjoint ou de sa banque, ou hésiter sur un point qu’il n’ose pas poser. Dans tous ces cas, une relance bien faite l’aide à décider, et elle ne dérange personne.
Conseil
Le calcul à faire. Un devis représente souvent plusieurs heures de travail : déplacement, visite, chiffrage. Ne pas le relancer, c’est perdre ce temps sur un chantier que le client aurait peut-être signé. Une relance prend deux minutes.
Pourquoi un devis ne se signe pas
Avant de relancer, cherchez ce qui bloque. Ce sont presque toujours les mêmes raisons :
- Le client n’a pas eu le temps. Le devis est dans sa boîte, entre deux factures, et c’est un cas très fréquent.
- Il attend quelqu’un ou quelque chose : son conjoint, un deuxième devis, une réponse de sa banque, une aide financière.
- Il n’a pas tout compris. Une ligne technique, un poste qu’il ne s’explique pas, une option dont il ne voit pas l’intérêt.
- Le prix l’a surpris, et il n’ose pas en parler.
- Le devis est arrivé trop tard. Deux semaines après la visite, le concurrent qui a répondu en trois jours a déjà signé.
Une relance règle les trois premiers cas, et le quatrième aussi si elle ouvre la discussion. Le dernier se règle avant : envoyez vos devis vite, si possible dans la semaine de la visite.
Quand relancer
Un rythme simple, qui ne harcèle personne :
- Trois à cinq jours après l’envoi : vérifier que le devis est bien arrivé et proposer de répondre aux questions.
- Une à deux semaines plus tard : une deuxième relance, plus directe, qui demande où en est le projet.
- Avant la fin de validité du devis : un dernier message qui le rappelle, sans pression.
Ensuite, arrêtez. Au-delà de trois relances espacées, le client le vit comme de l’insistance.
Conseil
Indiquez toujours une durée de validité sur vos devis, un ou trois mois selon votre métier et vos fournisseurs. Elle protège vos prix, et elle vous donne une raison toute trouvée pour la dernière relance.
Par quel moyen
Pour un gros chantier, prenez le téléphone : en cinq minutes de conversation, vous levez plus de doutes qu’avec trois e-mails. Pour les petits et moyens chantiers, et pour la première relance, le SMS suffit, et il est lu presque tout de suite. Gardez l’e-mail pour renvoyer le devis en pièce jointe.
Des modèles prêts à envoyer
Reprenez-les avec vos mots. Le client doit reconnaître votre façon de parler. Pour les compléter avec le nom du client et le chantier, utilisez notre outil messages prêts à envoyer.
Première relance, par SMS (trois à cinq jours après) : « Bonjour M. Martin, c’est Julien de Martin Électricité. Je voulais m’assurer que vous aviez bien reçu le devis pour votre tableau électrique. Si une ligne n’est pas claire, je vous l’explique volontiers. Bonne journée ! »
Deuxième relance, par e-mail (une à deux semaines après) : « Bonjour Madame Durand, Je reviens vers vous au sujet du devis pour la rénovation de votre salle de bain, envoyé le 12 mars. Où en est votre projet ? Si vous hésitez sur un point (une option, le planning, le budget), dites-le-moi : on peut souvent ajuster. Je peux aussi vous rappeler au moment qui vous arrange. Bien cordialement, Julien Martin, Martin Plomberie »
Dernière relance (avant la fin de validité) : « Bonjour M. Martin, votre devis pour la réfection de toiture arrive à échéance à la fin du mois. Si le projet est toujours d’actualité, je peux vous réserver une date ce printemps. Sinon, aucun souci : n’hésitez pas à me recontacter plus tard. Julien »
Un client qui n’est pas prêt aujourd’hui se souviendra de l’artisan qui ne l’a pas harcelé.
Quand le prix bloque
Si le client répond que c’est trop cher, ne baissez pas votre prix tout de suite. Demandez d’abord ce qui pèse : un poste en particulier, le total, la comparaison avec un autre devis ?
Souvent, un ajustement suffit, sans remise : une option retirée, des travaux faits en deux temps, un matériel différent. Et si le devis concurrent est nettement moins cher, expliquez ce que le vôtre comprend et que l’autre ne comprend peut-être pas. Un client qui sait ce qu’il paie compare moins sur le seul montant.
Suivre ses devis, simplement
Pas besoin de logiciel. Un tableau ou même un carnet suffit, avec pour chaque devis : le client, le montant, la date d’envoi, la date de la prochaine relance, et le résultat. Au bout de quelques mois, vous saurez combien de devis vous signez, lesquels traînent, et à quelle relance les clients répondent le plus.
Gardez aussi vos devis non signés sous la main : relancés à l’automne, ils remplissent souvent l’hiver. Nous en parlons dans trouver des chantiers en hiver.
Et en amont : recevoir des demandes plus sérieuses
Relancer fait signer plus de devis. Les clients qui vous ont choisi pour vos avis, vos photos ou une recommandation signent encore plus facilement, parce qu’ils ne comparent pas cinq devis.
C’est ce que nous construisons avec les artisans : une visibilité et un réseau qui amènent des demandes de clients déjà en confiance. La relance, elle, reste entre vous et votre client : nos messages de relance sont là pour vous faire gagner du temps.