La plupart des artisans n’ont pas de local. Ils travaillent chez leurs clients, rangent le matériel dans le camion et font les devis le soir, sur la table de la cuisine. Au moment de créer leur fiche Google, ils bloquent sur la même question : « quelle adresse je mets ? ».
Beaucoup abandonnent là. D’autres mettent n’importe quelle adresse pour avancer, et c’est souvent le début des ennuis. Pourtant, Google a prévu exactement votre cas.
Conseil
L’essentiel en une phrase. Vous saisissez votre vraie adresse (celle de votre domicile si c’est de là que vous travaillez), vous la masquez, et vous déclarez à la place les communes où vous intervenez. Vos clients ne voient jamais l’adresse ; Google, lui, en a besoin pour vérifier que votre entreprise existe.
Google fait la différence entre une boutique et un artisan qui se déplace
Pour Google, il existe deux sortes d’entreprises. Celles qui reçoivent leurs clients, comme un boulanger, un garage ou un showroom de cuisines. Et celles qui vont chez leurs clients : Google les appelle les établissements de services de proximité. Un électricien, un plombier, un couvreur ou un peintre en font partie.
Pour ces entreprises-là, la règle de Google est claire : si vous ne recevez pas de clients à votre adresse, vous ne devez pas l’afficher. Vous la masquez et vous indiquez à la place la zone que vous desservez. La fiche montre alors votre nom, votre métier, votre téléphone, vos avis et vos communes d’intervention, sans votre rue.
Beaucoup d’artisans croient qu’une fiche sans adresse visible est pénalisée. C’est au contraire ce que Google attend de votre fiche.
Quelle adresse saisir, alors ?
Même masquée, une adresse reste demandée à la création de la fiche. Elle sert à une seule chose : permettre à Google de vérifier que votre entreprise existe réellement, là où vous le dites.
La bonne adresse est celle d’où vous travaillez vraiment. Pour un artisan sans local, c’est presque toujours son domicile, qui figure souvent déjà sur l’avis de situation SIRENE. Personne ne la verra.
Les adresses à ne jamais utiliser
Certaines adresses semblent pratiques et mènent tout droit au refus, voire à la suspension :
- Une adresse de domiciliation. Si votre siège est chez une société de domiciliation ou un bureau virtuel, Google l’interdit explicitement, puisque votre entreprise n’y travaille pas.
- Une boîte postale, pour la même raison.
- Un espace de coworking, sauf s’il porte votre nom de façon visible, que vous y recevez des clients et que vous y êtes présent aux horaires affichés. Pour un artisan, ce n’est presque jamais le cas.
- L’adresse d’un proche, d’un client ou d’un ancien chantier, pour « être plus près » d’une ville. Google s’en aperçoit, et c’est un motif de suspension.
Bon à savoir
Et si votre siège social est chez votre comptable ? Votre fiche Google n’en souffre pas. L’adresse de la fiche est l’endroit d’où vous exercez réellement, pas forcément celle du Kbis. Utilisez votre domicile, masqué.
Déclarer sa zone d’intervention
Une fois l’adresse masquée, c’est votre zone qui fait le travail. Vous la déclarez sous forme de communes, de codes postaux ou de départements, et non en rayon de kilomètres. Google accepte jusqu’à vingt zones et recommande de ne pas dépasser deux heures de trajet autour de votre base.
Le piège classique est de déclarer trop large, en pensant être vu partout. Une zone démesurée dilue au contraire votre pertinence sur chaque commune. Déclarez les communes où vous travaillez vraiment, en commençant par celles où vous voulez le plus de chantiers. Nous en parlons dans pourquoi mon entreprise n’apparaît pas sur Google.
Comment Google vérifie : la méthode n’est pas la vôtre
C’est la partie la plus frustrante : vous ne choisissez pas la méthode de validation. Google vous propose une ou plusieurs options selon votre activité, votre historique et votre zone, et elles peuvent changer d’une tentative à l’autre. Selon les cas :
- l’enregistrement vidéo, aujourd’hui le plus fréquent pour les artisans ;
- le courrier, avec un code envoyé à l’adresse saisie (une raison de plus pour que ce soit votre vraie adresse) ;
- le téléphone ou le SMS ;
- l’e-mail, plus rare.
Si seule la vidéo vous est proposée, ne cherchez pas à obtenir le courrier à la place : faites la vidéo, et faites-la bien.
Réussir la vidéo du premier coup
La vidéo se fait depuis votre téléphone, directement dans l’application ou l’interface Google. Elle doit être filmée en une seule prise, sans montage ni coupure. Google l’examine ensuite, en général sous quelques jours ouvrés.
Pour un artisan qui se déplace, trois choses doivent y apparaître :
- Où vous êtes. Un repère de votre commune ou de votre zone : une plaque de rue, un panneau d’entrée de ville, un bâtiment reconnaissable.
- Que vous exercez bien ce métier. Votre véhicule s’il porte le nom de l’entreprise, votre outillage, votre stock de matériel, vos cartes de visite.
- Que l’entreprise est à vous. Un document professionnel à votre nom (un devis, une facture, une attestation d’assurance), ou le fait d’ouvrir votre camion ou votre local de rangement avec votre clé.
Ce qui fait échouer une vidéo
- Une vidéo coupée, montée ou tournée en plusieurs fois.
- Une vidéo trop courte ou trop rapide, où rien ne se lit.
- Un nom d’entreprise qui n’apparaît nulle part, ni sur le véhicule, ni sur un document.
- Des visages d’autres personnes, des coordonnées bancaires ou des informations personnelles à l’écran : Google demande de les éviter.
- Une vidéo tournée de nuit, ou dans un garage sans lumière.
Conseil
Faites une répétition. Avant d’appuyer sur « enregistrer », faites le trajet une fois à blanc, téléphone en main : repère de rue, camion, outils, document. Une minute de préparation peut vous éviter plusieurs refus.
En cas de refus
Un refus n’a rien de définitif. Google indique en général ce qui manquait, et vous pouvez soumettre une nouvelle vidéo en corrigeant ce point.
Ce qu’il ne faut pas faire, en revanche, c’est créer une deuxième fiche pour « repartir de zéro ». C’est une réaction naturelle, et un moyen sûr de vous retrouver avec un doublon, puis une suspension. Nous détaillons ce cas dans fiche Google suspendue : que faire ?
Et après la validation
Une fiche validée existe, mais ce n’est pas encore une fiche qui fait sonner le téléphone. Viennent ensuite la catégorie principale, les services, les photos de chantiers, les avis et les publications : c’est tout cela qui décide si c’est vous ou votre concurrent qui apparaît quand un particulier tape votre métier et sa commune.
C’est le travail que nous faisons sur notre page Google Business Profile, validation comprise quand elle bloque.